Court-circuit #3 – Décembre 2017

Court-circuit #3 – Décembre 2017

 

Le voici, le voila le Court-Circuit #3 de LieU'topie

Il est de retour et a fait le plein de défis, d'alternatives, de tiers-lieux, de coup de gueule et bien d'autres choses !

Retrouvez dès aujourd'hui le numéro 3 à prix libre à LieU'topie. 

Retrouvez les articles en version numérique au fil des jours.

Sortie de la version numérique ==> 8 Janvier 2018 !

En attendant, voici l'édito de cette édition :

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Jean-baptiste Pegeon - Co-président de LieU'topie

« Il nous appartient de veiller tous ensemble à ce que notre société reste une société dont nous soyons fiers »

Stéphane Hessel

«Engagement, acte par lequel on s’engage à accomplir quelque chose». L’engagement peut être un acte obligatoire que l’on a envers un tiers. Mais celui qui nous touche ici est celui que l’on a pour nous même.

Pour le secteur associatif, il existe en France environs 1,3 millions d’associations, cela représente 23 millions d’adhérents parmi lesquels 16 millions de bénévoles, environ un quart d’entre eux ont entre 15 et 35 ans (source INSEE, étude de 2014 et 2010).

L’engagement est, par essence, celui qui nous donne envie de prendre parti pour une raison ou une cause qui nous semble juste. Quelques mots qui résonnent comme un cri étouffé par l’écho des montagnes. Quelques mots qui s’agitent et donnent corps à notre envie d’avancer pour toutes celles et ceux qui croient en un monde meilleur, souvent différent. Un engagement peut être conçu, pensé, pour construire un espace idéal. Alors cet espace pourrait s’appeler « nul part » : Thomas More, philosophe, en fera un mot en 1516 et une idée pérenne, un assemblage grec de oú- et -topós (aucun lieu), qui donnera plus tard « utopie ».

L’utopie et l’engagement, deux corps indissociables d’une philosophie, le combustible d’un moteur à éruption militante et citoyenne. A la manière des Parques qui tissent le fil du destin quotidien du cours de la vie, celles et ceux qui s’engagent, sont les 

 

acteurs contemporains qui ouvrent l’avenir.

Engagé, sûr de son choix, l’être dans son individualité devient individu au sens de l’ensemble indivisible dont il fait unité. Engagés, les individus forment un corps, ils se forgent par eux même, loin des comportements grégaires coutumiers dans nos sociétés. L’engagement en ce sens devient le meilleur remède face au cynisme et au renoncement. Dans un objectif utopique, l’engagement nous transcende, sans savoir où nous allons, nous retrouvons sur une base commune le terrain fertile qui nous fait avancer.

Mais le dogme de la paresse poursuit son œuvre, l’individualisme outrancier s’immisce dans notre société comme la neige empêche les fleurs de pousser. Terré dans nos terriers à la décoration Suédoise, on se laisse prendre à la facilité. Détendu, réchauffé, encerclé par nos écrans à particules inintelligibles, on subit notre monde, on laisse faire. L’engagement se désactive, il devient un préjugé, la pensée de l’escargot caché sous sa coquille. Mettre les mains dans la glaise, c’est pour celles et ceux qui ont le temps.

On construit de fausses idées et pour se dédouaner les rendez vous hebdomadaires entre ami.es deviennent les moments parfaits pour se rassurer en se disant qu’un jour on s’engagera. Du blablabla bien raplapla mais on connait toujours quelqu’un, qui lui a fait

que et que dit bien que... La pensée du colibri tout endormi : avoir envie de participer mais sans jamais s’en donner le temps. Une citation saharienne dit : « vous avez l’heure, nous on a le temps ». Remplaçons une part de temps vacant par une part de temps utile, la culture de l’indisponibilité ne doit pas devenir culte pour l’éternité.

«Indignez-vous», disait Hessel. Le vieux bonhomme est déjà mort. L’indignation, composante intelligente d’un autre monde, d’une autre époque. Qu’en reste il ?, pourrait-on dire. Un nuage de couleur à l’opacité incertaine face au vent dominant soufflant sur notre monde. Soyons en digne de cette indignation, fixons un cap qui nous correspond. Le monde dont on a rêvé, cette pensée enfantine idéale, où la justice, le bonheur et la paix se sont effacés au fur et à mesure des années. La tâche paraît immense et trop souvent inutile mais l’engagement à son échelle, ce n’est pas changer le monde, c’est simplement y participer. 

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