CAP OU PAS CAP ? Devenir locavore !

CAP OU PAS CAP ? Devenir locavore !

Dans chaque Court-Circuit, nous nous mettons au défi de “sauver le monde” en changeant nos pratiques au quotidien ! Dans ce numéro, j’ai décidé de devenir locavore pendant 2 semaines… et plus si affinité !

Contrairement au carnivore qui se nourrit de bidoche et à l’omnivore, qui mange de tout, le locavore se nourrit de produits locaux. La tendance du locavorisme est «née» dans les années 80 aux Etats-Unis (même si nos ancêtres étaient, de fait, locavores). Ce régime alimentaire consiste à se nourrir d’aliments produits pas trop loin de chez soi (aux E-U, on considère le périmètre des 100 miles, soit environ 160 km chez nous).

Schématiquement, en quoi devenir locavore permet de sauver le monde ?  Face à la perte de traçabilité et de contrôle sur nos aliments, manger lcoal permet de réduire fortement l’impact écologique lie au transport (et donc à la pollution), de soutenir l’économie locale, de favoriser une agriculture non-intensive (et donc le respect de notre environnement), et, enfin, de préférer des produits de saison et de qualité.

Passons à la pratique !

Après une rapide inspection de mes placards, ce n’est pas la joie. Ils ne recèlent pas vraiment de produits locaux, bio pour certains, mais quand même manufacturés à l’autre bout de la France ou de l’Europe. Argh, ça commence mal, pour moi qui me revendique « écolo ». En cherchant bien, je finis quand même pas tomber sur un paquet de mogettes vendéennes, produites à quelques kilomètres de chez moi. Ouf, l’honneur est sauf. Plan d’action ! Trouver des produits locaux pour les courses de la semaine. Vu le contenu de mes placards, je me dis que les grands supermarchés ne sont certainement pas le bon endroit pour acheter local, d’autant plus que depuis quelques temps, j’angoisse dans ces grandes surfaces aux milliers de produits bien rangés, même tronche, même goût à Nantes ou à Clermont. Je me dirige donc vers la Biocoop voisine. J’en ressors 40 minutes plus tard, avec un panier à moitié vide et penaude. Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir ausculté tous les rayons à la recherche de l’étiquette « Local ». J’ai bien trouvé deux aubergines et quelques pommes au rayon fruits et légumes, et découvert que les potirons étaient déjà de sortie. Constat, la Biocoop préfère la bio au local, c’est tout à son honneur, mais moi, mon défi, c’est le Locavorisme !

Changement de tactique donc !

Crédit : Zoé Jarry

Pour trouver des produits locaux, et si je commençais par chercher des producteurs du coin. Habile hein ? Une rapide recherche sur Internet me fait découvrir un magasin de producteurs locaux à seulement 5,5 km de chez moi : « Les Fermes de la Gourinière ». Là, j’entame une danse de la joie. Je m’y rends donc le jeudi suivant, car, contrairement à un supermarché lambda, ce petit magasin est ouvert 4 demies-journées par semaine et les producteurs alternent pour assurer la vente directe. Au programme : produits récoltés et élevés dans le village, et quelques 20 autres producteurs de la région en dépôt-vente (Loire Atlantique, Maine et Loire et Vendée). Des étagères remplies de légumes aux belles couleurs, de la viande, du lait, du pain et même quelques conserves issues des récoltes. Comble de l’extase : des pâtes produites localement. En prime, le magasin propose à ses clients de commander en ligne et de passer récupérer leurs commissions directement à la boutique. Une très bonne adresse donc.

Mais mon enquête ne s’arrête pas là !

Je me décide à aller frapper à la porte de l’Amap du coin. Rendez-vous est pris pour le mardi suivant, dans le tiers-lieu du coin qui fait office d’espace de distribution. Cageots débordants de gros brocolis, de salades et autres fruits et légumes de saison. Je calcule que ces derniers auront parcourus 33,4km avant d’arriver dans mes bras. Soupir de soulagement pour mon empreinte carbone ! Pour l’aspect pratique, l’inscription à l’AMAP est valable un an, il faut signer un contrat avec le producteur et s’engager à venir récupérer son panier chaque semaine. Coup de bol, il y a aussi un producteur de fromages de chèvre, qui n’est pas là toute l’année, car, comme je l’apprends, pour les fromages aussi il existe une saisonnalité. Et monsieur le boulanger bio qui affiche ses pains à base de farines locales, de levain et autres graines. Miam !

Dernière visite : le marché des producteurs, sur la place du village le samedi matin !

Je prends mon panier (décidément, il ne sera jamais autant sorti que cette semaine). Bon, le marché n’est pas grand mais je finis quand même par tomber sur des maraîchers, à leur compte depuis peu sur quelques hectares vendéens : ils font du bio (mais sans le label) et me servent en guise de salade un mélange d’herbes sauvages (pourpier, pissenlits, mâche sauvage). Je m’extasie devant des tomates et des courgettes de toutes les tailles et de toutes les formes : c’est fou ce que la nature est belle quand elle n’est pas calibrée.

En conclusion :

Oui j’avoue, j’ai triché, j’ai mangé du riz, qui ne venait pas de Vendée, car les marais salants, ça ils savent faire, mais pas encore les rizières ! De même pour le bol de thé du matin et le carré de chocolat. Manger local, j’adhère pour les fruits et légumes et même la viande. Parce que je sais d’où vient ce que je mange et même qui l’a cultivé ! Parce qu’en circuit court, de ce que je paie, je sais ce qui revient dans le porte-monnaie de l’agriculteur (TOUT !). Parce que mes fruits et légumes n’ont pas fait 2000 km avant d’arriver dans mon assiette (nombre de kilomètres parcourus par les aliments consommés en France en moyenne), et ont donc évité le dégagement d’une grosse charge de carbone. Contente d’avoir sauté le pas, et parée à garder cette bonne habitude puisque je viens de signer mon adhésion à l’Amap pour la fin du mois !

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